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886. Je me dis que le vrai et le faux, le bien et le mal, l’ici et là, le here not there, le dedans et le dehors, le devant et le derrière, la parole, ses dépressions minimes, ses guillemets, ses vents, ses mirages, l’horizontal, le vertical, l’oblique et ses vertiges, les moi, le je, les je, le moi, les heures, les mois et les années, l’écriture, les trous, les saillies, le noir sur blanc, le corps, les corps à corps, le temps, le lieu, ce qui y a lieu, le qui fuse et l’arrêt, l’œil, la bouche, la langue, le sexe, l’âme, le réel, le virtuel, l’absolu et le borné, l’infini et le relatif, le plein et le vide, l’ordre et le chaos, le propre et l’ordure, l’enfant je t’ai donné ce que j’avais travaille, le soi et le non-soi, le choix et le non-choix, les cahots et les plains, le tout et le rien, le littéralement et dans tous les sens, l’allez, l’allez, le négatif côté face, côté pile, le lisse et le rugueux, le par cœur, ceux qui bougent comme des portes, le même pas vrai, le même pas mal, le ça dépend des jours, le mais bon, le sans doute, le franchement, l’en vérité, le je ne sais pas trop, les spirales et les bonds, ce qui se plie et se déplie, la rature, l’exception, la règle, la loi, le chez soi, les chambres froides, vitrées, l’ouï, le feu, l’ardent désir de vivre, le déjà vu et le déjà vécu, l’automate, le mécanique en dedans, en dehors, le gai savoir, le continuez, continuez, la suite dans les idées, le bruit des théories, la vérité pratique, la passion du nouveau, le Hors-Commun qui va qui vient, les divans verts je crois, les femmes automues ou à pied, la littérature, la passion du Un, du Deux, du Trois, la police des discours, la compagnie générale des envoûtements express, le ratiboisement à l’œil de tous par tous, le chacun et sa chacune, le quant à soi, les gardiens de l’auge en habit du dimanche, les forçats de la terre bigarrés, les ne varietur, la science des pas et du temps, les flonflons, les olifants, les éminences, l’imminent, le proche et le lointain, les chemins de bois, les rails, les rots des pansus, des morts de faim, les pensifs, les pansés, les pansants, les contents, les pas contents, les mécontent de tous et mécontent de moi, les liseurs à la va comme je te pousse, les falbalas et les blablas, les maux, les écuelles, les écrouelles, les je dis bien généralement, le comme à la maison, babil on, le point à la ligne, les étoiles qui clignent, les questions et les réponses, les réponses effectives, le vice et la vertu, le fi du verbe insensé, tenu, les joyeux drilles du mignonnet, les vains, les fats, les marauds, les beaux et les belles, les médiseurs, les médusés, le marchand de sable qui va bientôt passer, les visiteurs du soir en bas de l’escalier, les songe-creux du vide, la bête à deux dos qui rit, qui jouit, les arpenteurs des caves et des greniers, le fond et le sans-fond, le vanitas vanitatum et omnia vanitas, le je visite mon docteur, le donc je suis, les feux mal éteints, l’ailleurs si j’y suis, les boutiquiers de l’hypothalamus, la volupté, les voluptueux, la révolution, les considérations diverses et variées, le domestique, le cru, le cuit, l’île aux enfants, la chambre claire, obscure, d’échos et de miroirs, les manieurs de louche et de frissons, l’à brûle-pourpoint, l’à tes souhaits, les gratteurs de croûtes, les diserts rabatteurs du grand on, le sans modération, le cirque d’hiver, le cycle des saisons, le oui, le non, le fécond, le pas que, les secrets du cabinet, le banal-selon-moi, l’à la guerre comme à la guerre, le Grand Corps qui dit je vous attends, les coursiers de l’indicible en aube et pataugas, mon cul, mes sous, les oiseaux de passage et leurs fientes, mes œuvres, les en-cours perpétuels, la délicatesse des sentiments, le cucul la praline et sur papier glacé, les manducations de la farce, l’amour, le maint, leurs mains, la vue, leurs yeux, le fixe et le mobile, le confus, le clair, le cool, le trop cool, le n’est-ce pas, le je, le il, le ils, le nous et le on, le tu et le elle, le vous si l’on y tient, l’en veux-tu en voilà, le qui coûte, le désir, la lumière, la musique, la nuit, le jour, les matins et les soirs, les travaux et les jours, leurs seins, leurs compas nus, leurs creux, le courbe et l’anguleux, leurs culs, le droit, le travers, le jaunâtre, les cieux, le sien, le tien, le mien, le mieux, le pire est évité, le pire est à venir, les aléas, l’à la soupe à la soupe à la soupe, la danse, la façon, les cloisons, le simple et le multiplié, larvatus prodeo, les zones, les codes, les contours, les contredanses, les je t’aime mon amour garde-toi de la mort, les peine-à-jouir et les peigne-cul, l’à demain si vous le voulez bien, les pensées de derrière, les pensées de devant, la joie, le joui, la honte, la peur, la mort-sur-pieds, le marais des mirages-très-loquaces, l’Amicale des Massues, l’art de soi, les sortilèges de l’art versus les sortilèges de l’ère, – tout cela est céans : son fonds inépuisable que seule peut contenir, disposer, animer et faire danser une espèce de vibration axiale : la certitude en somme rieuse et grave qu’il y a matière là-dedans malgré tout, matière par-dessus tout, à fabriquer de quoi sauver sa peau, son âme, sa tête, son sexe et toutes ces choses ici et maintenant puisqu’il ne devrait et ne saurait être question finalement tous comptes faits que de ça : l’inoxydable manifestation de mon salut ici, maintenant et pour l’éternité.
558. Ou encore je dis que Céans n’est pas Céans mais une poupée gigogne, une fusée à étages et à ventre bombé, une machine piégée, une jolie mosaïque arabesque n’est-ce pas, un échec joué, du temps qui passe et qui se dit, une chambre d’échos et de miroirs – mais quand j’ai dit tout ça je me demande pourquoi, pourquoi pas autre chose : pourquoi pas Continuez ?
1.1. Donc, Continuez. « Roman » composé de 887 alinéas numérotés séparés par un blanc, chacun se développant sur une seule phrase (d’une ligne à plusieurs pages, d’un mot à maint), le tout divisé en 5 parties (« dehors », « dehors dedans », « dedans », « dedans dehors », « dehors ») elles-mêmes partagées en deux, trois ou quatre chapitres (14 au total) précédés selon d’un, deux, trois ou quatre astérisques. 1.2. Sur ces 887 alinéas-phrases, 195 (environ un sur cinq) se trouvent à l’intérieur de 79 parenthèses : 42 « simples » circonscrivant un seul alinéa, 37 « enjambantes » en embrassant plusieurs (de deux à onze, d’une à quatre pages). 1.3. (Notons aussi et entre parenthèses une fermant en 806 quelque chose ouverte nulle part, et dont on peut se demander si la discrète incongruité en revient à zut j’avais pas vu ou bien à un « désir délibéré et concerté d’égarer qui et quoi et pourquoi ce qui fait froid au dos » (316) ; 1.4. qu’enfin le mot est utilisé sept fois dans le roman, ce qui donne (usage + mention) un total de 86 occurrences… et demie.)
(2.1. Suspendant le « discours », communément la parenthèse en explique – déplie, détaille, développe – un point, avant que celui-là ne continue sa marche[1]. 2.2. Elle établit de fait, entre l’auteur et le lecteur, une sorte d’intimité sur le mode de l’aparté : elle assure que le premier ne laissera pas choir le deuxième, qu’il aura soin de lui. 2.3. – Vertu « civile » en somme, fondée sur un présupposé : on serait là quand même, entre soi, un peu pour y voir clair…)
3.1. Il n’y a pas de « système des parenthèses » dans Continuez, de même qu’il n’y a pas de « système typographique ». 3.2. Il y a, il y eut un effort en ce sens… qui sera resté infiniment en suspens – tant mieux. 3.3. Il y a des intuitions que l’on aura suivies pour le plaisir d’aller voir de près ce que ça fait (ce que ça donne), et ce plaisir venu de je ne sais où (vraiment ?) de l’intercalation (parenthésis, grec : action d’intercaler). 3.4. Il y a la poussée d’une pensée matérialisée en objet sonore, plastique [2].
4.1. D’aussi loin que je me souvienne, mon désir aura été d’articuler par écrit une pensée qui se repaisse (je veux dire strictement : qui s’alimente avec un plaisir goinfre et peu seyant) de ses chutes ; une pensée même qui fabrique et multiplie des occasions, des points de chute : des scandales, au sens grec… 4.2. C’est lorsqu’en effet la langue pour moi (quoiqu’elle avance, je veux dire : se déroule) trébuche, fore et / ou se fore, glisse pour rire et pour rien, bref : (se) travaille, qu’elle devient un motif imparable de désir – et de jouissance. (Cf. le Prince de Ligne à Giacomo Casanova : « Un tiers de ce charmant tome second, mon cher ami, m’a fait rire. Un tiers m’a fait bander, un tiers m’a fait penser. »)
5.1. Continuez est un « roman » qui avance autour de rien, tombe dans ses trous, se relève, retrébuche, se reredresse, et continue sa marché malgré tout, malgré tous. 5.2. Son pari joué car / et perdu d’avance est de fixer « céans » : ici et maintenant. (En l’occurrence et anecdotiquement, les visites répétitives chez un docteur – avant, pendant, après : « dehors », dehors dedans », « dedans », « dedans dehors », « dehors » –, par qui / par quoi sans doute on escompte que se joueront des choses, par exemple du verbe relié à de la chair horizontale et vice-versa.) 5.3. Le problème est que céans bouge tout le temps : rien n’en sera, n’en saurait être fixé ; toute expérience un tant soi peu vécue est traversée de part en part par de l’indécidable : le corps peut toujours faire fonctionner la langue à plein régime, il ne collera jamais. 5.4. Céans, donc, ou Continuez, se réalise en une « chambre d’échos et de miroirs » où tout aimerait se refléter dans tout, et clignote – au risque pour qui voit (plutôt : aimerait bien y voir clair) de s’engager sur des « chemins de bois », c’est-à-dire : des « chemins qui ne mènent nulle part ».
278. (Je me demande quelquefois si c’est lui ou l’un de ses collègues qui a choisi de me faire attendre avec les Variations ou dedans ou devant et pourquoi ?
279. Je n’ose deviner et ça me fait sourire, ces signes que j’imagine qui me font signe, ces étoiles qui clignent pour moi tout seul, en moi et devant ma parole ou dedans si l’on voit ce que je veux dire qui font que je m’ajuste un peu ou crois que je m’ajuste ou aimerais croire que je m’ajuste et que ça y est cette fois j’y suis, j’y suis parce qu’on me fait signe.
280. Céans me dis-je alors, et quel qu’il soit vu qu’où que mon corps soit il est, est une chambre d’échos et de miroirs dont le charme insensé tient à la multiplication des résonances, un carrousel dansant de signes tout plein de petits points qui brillent qu’arraisonne tôt ou tard un fécond romançage, – l’ordonnancement des danses en un céans lisible.
281. En somme, continue-je in petto, céans miroiterait sans rien dire et c’est moi, excité incité suscité par la reproduction des sons et des images qui constitue son fonds, le fonds propre de céans, qui me mettrais inconsidérément et tout à l’aveuglotte à causer, causer, nouer des fils, des intrigues, raconter des histoires, fabriquer du sens, de l’exotique, du familier, du joli, de l’incongru, etcetera.
282. Et je n’en pourrais évidemment mais, – mais continuons.)
6.1. Les parenthèses de Continuez s’intègrent donc dans un dispositif (qui n’est pas un système) où « un désir d’élucidation vain mais charmant je trouve, un vain désir mignon de romançage » (468) (le désir d’y voir clair céans : de le fixer un tant soit peu) ne cesse d’afficher pour rire (pas pour rien) son impuissance bavarde et joueuse. 6.2. Cette surexposition clignotante, ces provocations, cette mise à bas farcesque et dans le même mouvement, ces ruines que l’on ressasse, forment le fonds de Continuez.
7.1. Comment prendre au sérieux (à la lettre) quelque chose qui s’alimente avec un plaisir goinfre et peu seyant du constat insistant de son inefficace, et de sa vanité ? 7.2. Comment prendre au sérieux une parenthèse qui s’étire sur plusieurs pages, ou qui n’explique rien (ou rien que de très « banal »), ou qu’aurait tout aussi bien pu signifier un tiret, ou rien du tout [3] ?
646. (Car toutes ces approximations, ces bégaiements dans l’ordre de la pensée noir sur blanc qui est beaucoup mieux qu’une floraison du discours articulé à haute voix : qui est l’arbre assis sur du solide, enfoui dans de l’humide, qui est lac miroitant plein d’échos etcetera, bref : tous ces correctifs, toutes ces variations ici et là, ici ou là, dessinent un paysage tremblant je sais, et très peu digne de foi mais comment faire, franchement : comment faire autrement ?
647 – 655. [Blablabla.]
656. Je veux dire que tant et tant de choses bougent comme on sait partout avec le temps qui ne m’incombent pas ou si peu et de si loin là-dedans que j’y suis à peine finalement moi ou émietté ce qui est très peu dire, ou clignotant ou déformé ou attifé drôlement d’habits de comédie ou que je suis ailleurs, toujours – même si évidemment je fais et je ferai tout mon possible pour être ici, c’est entendu.)
8.1. C’est sous ce jour « vicieux » où toujours quelque chose dérape ou se fore pour rire qu’il m’importe d’aimer ces enjambantes dont à mesure s’estompent le souvenir-même et la vue de l’ouvrante (donc la conscience que l’on se trouve dans une parenthèse et que cela a peut-être, qui sait, une certaine importance). 8.2. Car alors le « discours » parenthétique se dissout dans sa substance-même, surabondamment flasque, avant que quelque chose têtue (un, ou une « ) ») ne vienne soudain rappeler, par exemple à l’alinéa 674 de la page 152 où « nous » étions entrés au 664 de la 149 : « une coquille vide, une forme sans substance, un fantôme si l’on veut » (672). 8.3. (Car alors aussi et en passant, puisque chacune des 887 phrases de Continuez, « divisibles que par soi et par un » (559), est une espèce de machine atomique (autonome), ces enjambantes qui sait, en liant, soulignent qu’« en vérité, il n’y a pas de prose [4] : il y a l’alphabet, et puis des vers plus ou moins serrés, plus ou moins diffus. » – En ce qui nous concerne : 887 vers, plein d’échos de toutes sortes.) 8.4. Donc, les parenthèses de Continuez (dé)figurent autant d’efforts comiques pour y voir clair (pour définir, entre autres choses : contenir / retenir), tendus par la pression qu’exercent de chaque côté ces courbes dont le tracé concave montre assez la résistance que leur oppose la substance flasque mais têtue (ou l’absence-même de toute substance) qui les compose et qu’ils, qu’elles embrassent.
9.1. Les parenthèses (de fait) comme un leurre : un aimable et divertissant trompe-l’œil puisque quelque chose continue d’avancer malgré tout (malgré elles) de part et d’autre et même si c’est autour de rien. 9.2. Je veux dire ceci : que les parenthèses de Continuez sont là pour signifier d’une part que rien ne saurait « contrecarrer longtemps la marche avant de ma pensée, son irrésistible poussée du dedans vers dehors quoique de marche avant comme arrière comme d’irrésistible poussée vers quoi je peine à me convaincre qu’il soit ici vraiment seulement question » (571) ; d’autre part que « la marche avant » ne peut jouir et se réaliser qu’en regard des obstacles qu’elle rencontre – et fabrique à l’envi. 9.3. Dialectique rieuse du positif et du négatif, du symbolique et du sémiotique à l’œuvre dans un « je » incarné dans une langue [5] :
797. (Car je veux dire par là que si l’esprit n’est cette puissance que lorsqu’il regarde le négatif en face et séjourne près de lui d’une part, que si je ne se réalise d’autre part : je veux dire ne devient réel pour de bon que scrutant fouillant parlant à fond le on tout positif qu’il est et qui le fonde alors c’est que nous n’allons pas nous ennuyer dans les situations.
798. Me dis-je toujours en joie et rajoutant : allez, allez, continuons.)
10.1. Oui, continuons… Il est un fait remarquable que tout au long des quatre ans que dura la rédaction du livre, lorsque je considérai le texte-en-train-de-s’écrire de loin pour jouir d’une vue d’ensemble et de détail, imman-quablement celui-ci m’apparut très concrètement sous les espèces d’un objet plastique et / ou musical : une sculpture, un tableau, une partition. – Expérience on ne peut plus physique…. 10.2. Et alors, tout aussi immanquablement me sautaient aux yeux ou aux oreilles des zones floues ou trop aiguës, trop lisses ou trop rugueuses, trop uniformes ou disparates, trop tendues ou trop lâches, des moments mélodiques mous, ou mal rythmées, etcetera que donc les parenthèses – comme les tirets ou comme il en fut un temps des italiques n’est-ce pas – avaient à charge de polir, creuser, énerver, fluidifier, etc.
11.1. A charge pour elles (les parenthèses de Continuez) de ménager dans la surface et l’épaisseur du texte des creux, des bosses, des concentrations de couleurs et de formes. 11.2. Là « pour l’œil » donc, mais un œil qui aurait accompli une conversion du regard qui est (aussi et surtout) une conversion mentale,
considérant dans tous les sens ce « roman » non seulement comme une suite de 887 phrases racontant bon an, mal an (au gré des
parenthèses) « les aventures d’un homme aux prises avec les signes » (552-3), mais également, littéralement et pas du tout pour rire, comme un objet volumineux et / ou plan et / ou coloré. 11.3. D’où ce qui suit : ceci est un roman.
12.1. A charge aussi toujours pour elles, dans le déroulé sonore strictement
numéroté des alinéas-phrases, de varier le tempo, de moduler la voix : timbre, intensité, hauteur. 12.2. Insistons y… Les parenthèses de Continuez ne sont pas là seulement pour faire vaciller les assises
logiques : elles obéissent (aussi) à de « pures » considérations « musicales » ; là pour l’oreille… 12.3. D’où ce qui suit toujours : ceci est un roman.
13.1. Achevons…
746. La parenthèse se referme me dis-je, même si je ne suis pas du tout sûr que ceci soit une parenthèse.
[1] Terminologie floue, donc fertile : sont nommés « parenthèses » et indifféremment, ici comme ailleurs, le couple « fermante / ouvrante », chacun des membres du couple, et ce qu’à deux ils embrassent… – Les parenthèses de Continuez comme du reste sont donc affaire de contenu et de contenant, de « dedans » et de « dehors » : affaire de limites.
[2] « Le poète ne doit jamais proposer une pensée mais un objet, c’est-à-dire que même à la pensée il doit faire prendre une pose d’objet. / Le poème est un objet de jouissance proposé à l’homme, fait et posé spécialement pour lui. » (F. Ponge.)
[3] En effet, sur les tirets dans Continuez il y aurait à dire à peu près la même chose que sur les parenthèses pour arriver à une conclusion à peu près similaire : il y a du flottement, il y a du jeu. Sur l’usage des incidentes, des incises, des variations – syntagmatiques, rythmiques, syntaxiques –, ou ce qui est dit passim des guillemets aussi bien. (D’où ce qui suit et qui éclaire le non-système des parenthèses dans Continuez : importe avant tout que ça bouge dans tous les sens autour d’aucun centre. Céans, « paradigme de l’in-fixable ».)
[4] Puisqu’aussi bien « nous » sommes dans l’Action restreinte, n’est-ce pas ?
[5] Le symbolique (sens, signe, logique, structure, thétique) ; le sémiotique (pulsion, non-sens, jeu, rythme, jouissance) : deux modes de fonctionnement dialectiques du langage. (J. Kristeva, La révolution du langage poétique, 1974.)
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